coulpe


coulpe

coulpe [ kulp ] n. f.
• v. 1460; colpe 861; lat. culpa coupable
Vx Péché. Mod. Loc. BATTRE SA COULPE : témoigner son repentir; s'avouer coupable (cf. Faire son mea-culpa).

coulpe nom féminin (latin culpa) Faute, péché, erreur. Dans plusieurs ordres religieux, aveu public des manquements commis contre la règle de l'ordre. ● coulpe (expressions) nom féminin (latin culpa) Littéraire. Battre sa coulpe, se frapper la poitrine en disant mea culpa ; témoigner son repentir.

⇒COULPE, subst. fém.
THÉOL. CATH.
A.— Péché :
1. ... l'opprobre de la misère est absolument indicible, parce qu'elle est, au fond, l'unique souillure et le seul péché. C'est une coulpe si démesurée que le Seigneur Dieu l'a choisie pour sienne, quand il s'est fait homme pour l'assumer.
BLOY, Le Désespéré, 1886, p. 338.
P. métaph. Il [Napoléon] aurait pu étendre sa confession à d'autres coulpes (CHATEAUBR., Mém., t. 2, 1848, p. 640) :
2. Lord Elgin, en déportant au British Museum les frises du Parthénon — mise à part sa coulpe de déménageur sacrilège — n'a certainement pas fait mieux que Shakespeare qui a transporté dans les brumes de Londres le soleil de la latinité.
L. DAUDET, Ét. et milieux littér., 1927, p. 27.
Loc. Dire sa coulpe. Confesser son péché.
En partic. Manquement extérieur contre la règle dans un monastère ou un couvent (d'apr. Foi 1968).
B.— P. méton.
1. Reconnaissance, aveu de son péché. Faire sa coulpe. Le malheureux [le P. Gaucher] était à genoux dans l'oratoire du prieur, et faisait sa coulpe avec un ruisseau de larmes (A. DAUDET, Lettres moulin, 1869, p. 225).
2. Signe par lequel on se reconnaît coupable. Battre sa coulpe. Chez les premiers chrétiens, la confession était publique. Certains ordres monastiques ont conservé cet usage et, chaque soir, « battent leur coulpe » devant leurs frères (H. BAZIN, Vipère, 1948, p. 60).
Prononc. et Orth. :[kulp]. Admis ds Ac. 1694-1932. Vx mot, peu empl. surtout dans la parole, dans lequel le l de culpa (a. fr. colpe, coupe) a survécu dans la graph. et même se reprononce (cf. BUBEN 1935, § 114). Étymol. et Hist. 1. 881 colpe « faute » (Ste Eulalie, 20 ds HENRY Chrestomathie, p. 3); ca 1100 culpe (Roland, éd. J. Bédier, 1173); ca 1460 coulpe (Cent Nouvelles nouvelles, éd. Sweetser, 4, 102, p. 51); 2. ca 1150 batre culpe (WACE, Vie de Saint Nicolas, 898); ca 1130 batre sa colpe (Le Couronnement de Louis, éd. E. Langlois, 773). Du lat. class. culpa « faute ». Le mot a gardé une graphie et une prononc. savantes sous l'infl. du lat. d'église (dans le Confiteor, le prêtre prononce à haute voix les paroles mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa en se frappant la poitrine). Fréq. abs. littér. : 25. Bbg. GOHIN 1903, p. 306.

coulpe [kulp] n. f.
ÉTYM. V. 1460; colpe, 881; du lat. culpa « faute ». → Coupable, culpabilité.
Relig. cathol. Péché volontaire entraînant la perte de la grâce. || L'absolution, la confession remettent la coulpe.
Dire sa coulpe : confesser son péché.
Loc. mod. (relig. ou littér.). Battre sa coulpe : se frapper la poitrine en disant : mea culpa, et, fig., témoigner son repentir. Accuser (s'), avouer (s'avouer coupable).
1 Battez votre coulpe, demandez à Dieu merci (…)
J. Bédier, la Chanson de Roland, LXXXIX, p. 89.
Par ext. Faire sa coulpe : s'imposer une pénitence pour une faute, un péché.
2 Faire sa coulpe, c'est se prosterner à plat ventre durant l'office devant la prieure jusqu'à ce que celle-ci (…) avertisse la patiente, par un petit coup frappé sur le bois de sa stalle, qu'elle peut se relever. On fait sa coulpe pour très peu de chose. Un verre cassé, un voile déchiré, etc., cela suffit, on fait sa coulpe. La coulpe est toute spontanée; c'est la coupable elle-même (…) qui se juge et qui se l'inflige.
Hugo, les Misérables, VI, II.
3 Il entreprenait, vingt fois le jour, de se morigéner, de battre sa coulpe (…)
G. Duhamel, le Voyage de P. Périot, XIII, p. 244.
Littér. et archaïque. Faute.
4 À Sainte-Hélène, il (Bonaparte) a condamné lui-même avec sévérité sa conduite politique sur deux points : la guerre d'Espagne et la guerre de Russie; il aurait pu étendre sa confession à d'autres coulpes.
Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, t. V, p. 54.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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